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Aide publique aux micro créations : l'efficacité est mesurée pour l'ACCRE

plusieurs études économétriques démontrent que les créateurs qui ont reçu une aide publique "marchent" mieux que les autres. Une démonstration avec un papier paru dans Le Monde Initiatives N° 34, Octobre2004

Des études récentes prouvent que vis à vis des créateurs d’entreprises et des TPE, les très petites entreprises, l'efficacité de l'aide publique est réelle et se mesure. C’est la démonstration apportée par des analyses économétriques récentes portant sur une génération de créateurs d’entreprise . En 1994, l’INSEE a démarré une grosse enquête sur les créateurs d’entreprise de l’année, puis les a suivis pendant 5 ans. Bien sûr, on sait que nombre d’entre eux ont arrêté (volontairement ou non) leur exploitation ; c’est le fameux « taux de casse », dans lequel on confond d’ailleurs souvent ceux qui « échouent » involontairement, peu nombreux, et ceux qui décident de mener d’autres projets.

Les données de l’enquête permettent de comparer ceux qui ont démarré avec une aide publique à ceux qui ont démarré sans. Et la démonstration est claire, y compris en tenant compte de nombreuses autres variables. Cinq ans après, ceux qui ont démarré avec une aide publique sont plutôt en meilleure forme que les autres (c’est vrai pour les chômeurs-créateurs et même pour les chômeurs de longue durée) ; et ceux qui ont démarré avec une aide et un emprunt bancaire vont encore mieux. Donc les études économétriques démontrent qu’il y a un lien de cause à effet entre le fait de recevoir une aide, et le fait de créer, à 5 ans, des emplois et des richesses significatives.

Une autre étude récente, beaucoup plus empirique, consistait à demander à des patrons de TPE s’ils avaient reçu une aide publique et laquelle ; puis de comparer leurs résultats économiques avec ceux de TPE disant n’avoir bénéficié de rien . Là encore, on mesure une différence de résultats. Ces entreprises aidées ont plus embauché et embauché plus souvent que les autres ; elles ont un solde en emplois supérieur ; elles ont plus souvent un chiffre d’affaires en progression (alors qu’il est resté stable sur 5 ans pour les autres) ; elles ont plus souvent investi, et elles déclarent plus souvent avoir des problèmes financiers. Bref, ces entreprises sont managées par des entrepreneurs ambitieux, dynamiques, qui veulent développer et prennent des risques.

Ces derniers disent apprécier l’aide dont ils ont bénéficié. Mais l’ingratitude étant la qualité préférée des gens heureux, ils estiment que l’aide (qu’ils ont apprécié) ne leur a pas été « d’une grande utilité » ! --même s’ils sont prêts à la recommander à leurs collègues chefs d’entreprises…

Ainsi, ces résultats convergents devraient être utilisés par les décideurs politiques. Qui craignent deux choses : le syndrome « cash and carry » (je prends l’argent, et je ferme la boutique), et le syndrome « mer de sable » (l’aide se perd dans l’océan des difficultés de l’entreprise). Les deux sont faux ; très majoritairement.

Reste un point à élucider, qui demandera des travaux longs et passionnants, c’est la rentabilité globale, macro-économique, de l’opération. Pour résumer : si je mets, en tant que Conseil régional, 100€ d’argent public dans 100 TPE en création ou en développement, vais-je récupérer, à terme, plus de 100€ en richesses créées au profit de mon territoire ? Un début de réponse figure dans la remarquable étude citée dans cette chronique le mois dernier : en mesurant tout ce qui entre dans les entreprises (aides, exonérations, etc…) et tout ce qui sort (cotisations sociales, impôts, etc…) au profit de la collectivité, le résultat est très positif. Et cette analyse portait sur des structures d’insertion par l’économique. Donc on ne s’avance pas trop en affirmant que le résultat sera encore plus positif, s’agissant de créations et de TPE en pleine forme. Une façon démonstrative de légitimer l’intervention publique dans ce champ ; pourvu qu’elle soit bien gérée : c’est à dire relayée par les réseaux d’appuis aux créateurs et aux TPE.

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Commentaires

1. Le dimanche 20 mars 2005 à 10:01, par Arthur Mouko :: email

votre article ne tien pas compte de l'afrique,
En afrique, tres souvent, les entreprises qui ont reçu "une aide public" ferment vite boutique.

2. Le mardi 5 avril 2005 à 19:23, par ACE & TIC :: email :: site

Tout est dans le "à terme", dans le retour sur investissement global des collectivités publiques. Octroyer des subventions, exonérations, prêts préférentiels sans contrepartie autre que la survie pendant trois ans, montrerait la confiance de l'état dans ces citoyens, créateurs de micro-entreprises, dont on sait qu'ils remboursent mieux que certain gros débiteurs...

3. Le mardi 10 mai 2005 à 12:17, par jc2l

Que sont devenus les projets pour lesquels les aides ont été refusées ? Les projets aidés ont été choisis parce qu’ils semblaient tenir la route. Ils rentraient bien dans les critères de sélection. Donc a priori, ils étaient pérennes. Auraient-ils été moins viables sans les aides, pas sûr ! Où doit aller l’argent public ? - Stimuler les projets aboutis ? N’est ce pas plutôt au système d’accompagnement privé de prendre le relais dans ce cas là. Bravo pour toutes les initiatives qui les stimulent - Ou favoriser les projets qui économiquement ne répondent pas ou ne peuvent pas répondre aux critères classiques … parce que socialement innovant, relevant du domaine de l’intérêt général ou de l’économie de proximité …

4. Le samedi 15 octobre 2005 à 22:16, par Gauz helm :: email

En tous cas moi cela fait des années que je recherche de l'aide pour commercialiser ma création sans concurrence et dans l'air du temps (jeux culturel) et je ne sais pas où m'adresser sans tomber sur des Sites ou organismes qui demandent de gros casse-têtes de Dossiers à remplir et conditions débiles. La france est vraiment nulle en ce qui concerne la création d'emplois et d'entreprises.

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