Aide publique aux micro créations : l'efficacité est mesurée pour l'ACCRE
Par MicFin, dimanche 21 novembre 2004 à 15:12 :: Aides publiques aux TPE & créations :: #5 :: rss
plusieurs études économétriques démontrent que les créateurs qui ont reçu une aide publique "marchent" mieux que les autres. Une démonstration avec un papier paru dans Le Monde Initiatives N° 34, Octobre2004
Des études récentes prouvent que vis à vis des créateurs d’entreprises et des TPE, les très petites entreprises, l'efficacité de l'aide publique est réelle et se mesure. C’est la démonstration apportée par des analyses économétriques récentes portant sur une génération de créateurs d’entreprise . En 1994, l’INSEE a démarré une grosse enquête sur les créateurs d’entreprise de l’année, puis les a suivis pendant 5 ans. Bien sûr, on sait que nombre d’entre eux ont arrêté (volontairement ou non) leur exploitation ; c’est le fameux « taux de casse », dans lequel on confond d’ailleurs souvent ceux qui « échouent » involontairement, peu nombreux, et ceux qui décident de mener d’autres projets.
Les données de l’enquête permettent de comparer ceux qui ont démarré avec une aide publique à ceux qui ont démarré sans. Et la démonstration est claire, y compris en tenant compte de nombreuses autres variables. Cinq ans après, ceux qui ont démarré avec une aide publique sont plutôt en meilleure forme que les autres (c’est vrai pour les chômeurs-créateurs et même pour les chômeurs de longue durée) ; et ceux qui ont démarré avec une aide et un emprunt bancaire vont encore mieux. Donc les études économétriques démontrent qu’il y a un lien de cause à effet entre le fait de recevoir une aide, et le fait de créer, à 5 ans, des emplois et des richesses significatives.
Une autre étude récente, beaucoup plus empirique, consistait à demander à des patrons de TPE s’ils avaient reçu une aide publique et laquelle ; puis de comparer leurs résultats économiques avec ceux de TPE disant n’avoir bénéficié de rien . Là encore, on mesure une différence de résultats. Ces entreprises aidées ont plus embauché et embauché plus souvent que les autres ; elles ont un solde en emplois supérieur ; elles ont plus souvent un chiffre d’affaires en progression (alors qu’il est resté stable sur 5 ans pour les autres) ; elles ont plus souvent investi, et elles déclarent plus souvent avoir des problèmes financiers. Bref, ces entreprises sont managées par des entrepreneurs ambitieux, dynamiques, qui veulent développer et prennent des risques.
Ces derniers disent apprécier l’aide dont ils ont bénéficié. Mais l’ingratitude étant la qualité préférée des gens heureux, ils estiment que l’aide (qu’ils ont apprécié) ne leur a pas été « d’une grande utilité » ! --même s’ils sont prêts à la recommander à leurs collègues chefs d’entreprises…
Ainsi, ces résultats convergents devraient être utilisés par les décideurs politiques. Qui craignent deux choses : le syndrome « cash and carry » (je prends l’argent, et je ferme la boutique), et le syndrome « mer de sable » (l’aide se perd dans l’océan des difficultés de l’entreprise). Les deux sont faux ; très majoritairement.
Reste un point à élucider, qui demandera des travaux longs et passionnants, c’est la rentabilité globale, macro-économique, de l’opération. Pour résumer : si je mets, en tant que Conseil régional, 100€ d’argent public dans 100 TPE en création ou en développement, vais-je récupérer, à terme, plus de 100€ en richesses créées au profit de mon territoire ? Un début de réponse figure dans la remarquable étude citée dans cette chronique le mois dernier : en mesurant tout ce qui entre dans les entreprises (aides, exonérations, etc…) et tout ce qui sort (cotisations sociales, impôts, etc…) au profit de la collectivité, le résultat est très positif. Et cette analyse portait sur des structures d’insertion par l’économique. Donc on ne s’avance pas trop en affirmant que le résultat sera encore plus positif, s’agissant de créations et de TPE en pleine forme. Une façon démonstrative de légitimer l’intervention publique dans ce champ ; pourvu qu’elle soit bien gérée : c’est à dire relayée par les réseaux d’appuis aux créateurs et aux TPE.


Commentaires
1. Le dimanche 20 mars 2005 à 10:01, par Arthur Mouko :: email
2. Le mardi 5 avril 2005 à 19:23, par ACE & TIC :: email :: site
3. Le mardi 10 mai 2005 à 12:17, par jc2l
4. Le samedi 15 octobre 2005 à 22:16, par Gauz helm :: email
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