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2 décembre : 10 ans et 100 millions pour le FCP Insertion Emplois

Le 2 décembre était célébré le 10ème anniversaire du fameux Fonds commun de placement Insertion-Emplois. Le succès se mesure ainsi : 100 millions d’€ d’actifs investis dans des entreprises socialement responsables ; dont 9 millions dans des entreprises solidaires. Bref retour sur une démarche (et un produit) exemplaire.

Les deux grands parrains étaient présents au dixième anniversaire. Francis Mayer, directeur général de la Caisse des dépôts, et Charles Milhaud, président des Caisses d’épargne, ont dit à l’unisson que leurs deux institutions continueront de soutenir le produit. Produit dont le succès a servi de maquette aux deux lois récentes (2001 et 2003) sur l’épargne salariale puis l’épargne retraite.

En effet, le FCP était crée en 1994 par un trio : la Caisse des dépôts et les Caisses d’épargne ; mais « à la demande de la CFDT », avait-on dit à l’époque. Le projet consistait à créer un produit d’épargne qui investirait en actions dans des entreprises cotées en les sélectionnant sur des critères éthiques (devenus des critères de responsabilité sociale). Mais dans la même démarche, on utilisait la possibilité légale d’investir 10% de l’épargne collectée dans des entreprises « non-cotées » : en l’occurrence, des entreprises d’insertion, ou d’autres petites entreprises qui réservent des emplois à des personnes en difficulté.

Le succès de la collecte a été lent. C’est dur de « vendre » un produit aussi paradoxal, même à des institutions sensibles au discours sur l’emploi. Et c’est encore plus audacieux de soutenir qu’un tel produit aura des performances financières comparables aux autres produits d’épargne de la même catégorie. Mais c’était le double pari. Premier pari : le filtre des critères responsabilité sociale ne pèse pas, à long terme, sur la rentabilité financière. Dit autrement : on a de bonnes raisons de croire que de grandes entreprises cotées qui ont des politiques sociales ambitieuses et dynamiques sont aussi rentables que les autres. Et la preuve est faite : avec ce produit, mais aussi à l’aide de nombreuses analyses anglo-saxonnes, qui ont plus d’antériorité dans ce champ. Deuxième pari: investir 10% du FCP dans des entreprises d’insertion est moins rentable que de les investir en bourse ; c’est évident (sauf dans les périodes de crack, comme en 2000 !). Mais cette absence de rentabilité pèse faiblement sur les résultats globaux du FCP : il s’agit de 10% non-rentable par rapport aux 90% qui le sont sur les normes du marché. Donc la mutualisation des risques au sein du même produit fait de celui ci un produit « complet ». Qui promeut des règles de bonne gouvernance en direction des grandes entreprises. Et qui s’implique directement dans la création d’emplois. Au ras du sol ; dans ces entreprises minuscules, qui sont les plus créatrices, mais que les financiers traditionnels ne savant même pas voir !

Le FCP, crée en 1994, a servi de test pour les réformes qui sont venues ensuite bouleverser le paysage de l’épargne retraite. C’est bien son double mécanisme que l’on retrouve dans la définition actuelle des PERCO ; mais aussi dans les cahiers des charges récents : ceux du CIES et de Finansol. Pour résumer : le PERCO, c’est d’abord de l’épargne longue. Et seule une épargne aussi patiente permet d’apporter des fonds de façon stable et loyale aux entreprises. Le CIES, le comité syndical de l’épargne salariale crée en 2000 par les quatre principales confédérations, conseille aux responsables syndicaux qui gèrent l’épargne collective, de l’orienter vers les produits socialement responsables ; mais aussi vers ceux qui contiennent « une poche » solidaire, comme disent les financiers. Le label crée par l’association Finansol va dans le même sens, en insistant sur les aspects solidaires par rapport aux critères du socialement responsable. Et même si l’ensemble est difficile à vendre, les progressions aujourd’hui sont énormes.

Ainsi, le FCP Insertion Emploi, à partir de sa brève histoire, reste l’exemple même de ce qu’il faut amplifier, multiplier. Car il promeut deux principes nécessaires à une économie humaine. Des capitaux longs pour de grandes entreprises performantes, oui. Mais à quoi servirait la pure performance financière si, en échange, les entreprises contribuent à détruire la planète, les relations sociales et les emplois ? Des capitaux patients pour les petites entreprises qui n’ont pas accès aux marchés financiers, oui, et c’est indispensable, car c’est là que se créent les emplois ; notamment les emplois pour les personnes en difficulté.

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