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Micro crédit : Prêter cher aux pauvres ?

2005 est l'année mondiale du micro crédit; et le débat a pris un tour très vif en France, avec une tribune d'Edmond Maire publiée par Les Echos en Décembre dernier. La question de fond, c'est l'usure : les règles de plafonnement des taux protègent-elles les clients? ou découragent-elles les prêteurs?

Le débat a pris un ton asse déplaisant avec une tribune signée d’Edmond Maire, de France Active, dans Les Echos, en Décembre 2004. Il y évoque « l’imposture » du déplafonnement des taux d’usure demandé par Maria Nowak, présidente de l’Adie, depuis des années. Le ton est excessif et la mauvaise foi de la partie, mais peut on rester longtemps dans la situation actuelle ?

Les règles de l’usure sont en France parmi les plus protectrices au monde. Depuis des années, Maria Nowak demande que l’on assouplisse ces règles pour que l’Adie puisse prêter à 12 ou 15% au lieu de 7%, car cela lui permettrait de couvrir une partie de ses coûts de production ; donc d’acquérir peu à peu une certaine indépendance vis à vis des financeurs publics. D’autre part, ajoute l’Adie, le problème essentiel des personnes en difficulté qui veulent créer leur micro entreprise, ce n’est pas le taux du prêt : c’est le prêt lui même, impossible à obtenir de la banque, qui n’a pas confiance. Donc que le prêt soit un peu plus cher ou un peu moins cher est une question secondaire.

Les arguments contre ce raisonnement pragmatique sont de deux sortes. D’une part, libérer les taux risque de nous entraîner dans une situation à l’anglo saxonne, avec le développement de l’usure, de taux « prédateurs » qui finissent pas ruiner une partie des emprunteurs et nourrir le surendettement. D’autre part, dit Edmond Maire, la vraie question est celle des financements publics, insuffisants, alors qu’ils doivent payer l’accompagnement (toujours long et coûteux) des personnes en difficulté qui développent leurs propres projets.

Bien sûr, le recours à l’argent public paraît toujours la posture la plus facile à prendre. Mais France Initiative réseau, l’autre réseau de micro crédit en France, l’argumente solidement. La création d’entreprise, c’est un « bien public » ; c’est créer des richesses collectives. Donc les collectivités doivent mettre de l’argent dans ces projets ; ce qui, au passage, permet à France initiative de prêter à taux zéro.

C’est important de rappeler qu’il y a plusieurs écoles dans ce domaine, car la Commission européenne est aujourd’hui plutôt influencée par les néo-libéraux, du type : c’est un marché ; laissons faire les prix, donc les taux…En oubliant qu’il s’agit des pauvres et qu’il s’agit de biens publics, donc de solidarité.

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Commentaires

1. Le jeudi 10 novembre 2005 à 22:21, par Maiga :: email

je suis un jeune africain qui cherche un financement pour la poursuite de mes etudes. Je suis titulaire d'une maitrise et je veux continuer en DESS dans une ecole professinnelle dans mon pays et je compte sur votre aide a avoir un credit pour la realisation de mon objectif.

2. Le vendredi 6 janvier 2006 à 02:37, par Aimé :: email :: site

Je suis un jeune Ivoirien, je suis à la recherche de moyen financier pour investir et regler certain problèmes sociaux qui me rongent depuis longtemps

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