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FIR (France initiative réseau) devient membre de Finansol en Mars 2005

FIR est l'un des réseaux d'associations qui prêtent aux créateurs d'entreprises. Après l'Adie, FIR devient membre de Finansol, l'association de la profession.

Le Conseil d'administration de Finansol de Mars a accepté la candidature de FIR, qui devient membre de l'association; après l'Adie, qui en est membre depuis le début.

Les deux réseaux ont à peu près la même "taille" et des volumes d'engagements financiers comparables. Mais on sait qu'ils divergent sur leur organisation, et surtout sur leur conception du "micro crédit" (pour autant que l'on accepte d'utiliser ce terme pour les deux !).

En effet, l'Adie fait des prêts à des personnes en grande difficulté, demande un taux d'intérêt et des cautions ; alors que les plate formes d'initiative locale du réseau FIR font des prêts d'honneur, sans caution ni garantie, et à taux zéro.

Ces différences reflètent des divergences profondes dans la conception des interventions financières. L'Adie est plus proche du micro crédit "libéral" tel qu'il est défini par le CGAP, auprès de la Banque mondiale ; alors que FIR est ancré avant tout dans une conception du développement local au sein duquel la création d'entreprise relève du "bien public".

Mais l'admission de FIR à Finansol illustre le fait qu'il peut coexister plusieurs conceptions des prêts aux créateurs dans un même pays. Une fois de plus, les français se singularisent, car nous sommes pratiquement les seuls en Europe à développer ces deux types d'intervention !

Rappelons que l'association Finansol, créée en 1995, rassemble d'une part les réseaux d'opérateurs financiers intervenant sur le terrain avec des critères de solidarité; et d'autre part les banques qui développent des produits d'épargne ayant un contenu solidaire. voir finansol.org

Trackbacks

1. Le samedi 26 mars 2005 à 13:04, de SansFiltre

FIR (France initiative réseau) devient membre de Finansol en Mars 2005

La France a une position originale sur les questions financières, comme sur bien d'autres questions comme le social. C'est une de nos grande richesse. Conservons-la. D'autres initiatives se développent, observons-les attentivement. J'ai revu,...

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Commentaires

1. Le jeudi 31 mars 2005 à 11:08, par Emmanuel LANDAIS :: email

Je trouve en effet très juste de faire le parrallèle avec les débats sur la Constitution européenne. L'exception française, avec ses performances que le monde entier nous envie (3 millions de chômeurs, 5 millions d'exclus, des déficits publics abyssaux) mérite sans doute d'être défendue...Merci quand même de ne pas caricaturer les positions de l'Adie: le fait de considérer que la création d'entreprise soit un "bien public" n'est pas contradictoire avec l'existence d'un taux d'intérêt! Et je ne vois pas en quoi l'Adie serait plus "libérale " que FIR (mais je sais bien qu'on met "libéral" à toutes les sauces en ce moment).
Emmanuel Landais

2. Le lundi 4 avril 2005 à 11:38, par Benoît Granger :: email

le commentaire d'Emmanuel ci-dessus montre que je me suis exprimé un peu vite, dans mon message concernant l'arrivée de FIR à Finansol !

1 - non, je suis d'accord avec Emmanuel, il n'y a aucune contradiction entre la conception de "bien public" de la création d'entreprise et l'existence d'un taux d'intérêt pour prêter. J'utilisais un argument politique largement utilisé par FIR (si je retrouve le lien sur la Tribune récente publiée dans les Echos par JP Worms et JF Gaudot, je vous le mettrai...) : c'est leur façon d'expliquer que le recours à des financements publics est non seulement légitime, mais justifié par l'objectif. C'est ce qui permet à FIR de dire : il est normal de prêter à 0% car nous pretons de l'argent public ; et car en le pretant, nous contribuons à créer des "biens communs", les richesses et les emplois qui seront crées par les entrepreneurs.

Notre intervention, disent-ils, est justifiée par le fait que ces derniers ne trouvent pas d'argent "sur le marché" : c'est à dire dans les banques.

L'Adie et FIR reçoivent (heureusement!) et utilisent de l'argent public. L'Adie en tire d'autres conclusions que FIR : il n'y arien là de choquant.

2 - Oui, l'Adie me parait plus "libérale" que FIR, si l'on admet que les formes actuelles du libéralisme en économie consistent à attribuer au "marché", ou aux acteurs "du marché" (en l'occurence les banques) un rôle prédominant .... même dans les activités qui, d'évidence, ne relèvent pas de la pure logique du marché.

Or, à mon avis, c'est le cas en matière de microcrédit. Les pauvres et les créateurs n'accèdent pas seuls "au marché". La logique des banques est excluante ; et si on laisse "les lois du marché" faire "la loi" tout court, la situation empirera.

L'évolution spontanée du marché dans ce domaine, c'est , par exemple, la DG Entreprises de la Commission européenne qui, sous l'influence des banques, est d'accord pour dire que le micro crédit, ça commence au dessous de 25000€. Si je comprends bien, désormais, les banques confieront à leurs "filiales humanitaires" les prêts de moins de 25000€ ? C'est complètement fou, et c'est une régression gravissime par rapport aux DEVOIRS qu'ont les banques, qui résultent des privilèges dont elles bénéficient !

3 - Dis donc, Emmanuel, bonjour l'ironie !

Les débats dans ce domaine sont importants. Mais dis donc, Emmanuel, ils méritent mieux que ton ironie sur "l'exception française". Oui, les français sont vraiment assez crasses dans différents domaines ; et année après année, les comparaisons OCDE, Commission européenne, BIT, etc. le démontrent aux sceptiques. Mais non, ce n'est pas une raison pour jeter le bébé, etc. Même si le taux de chômage a beaucoup baissé en Grande Bretagne, par exemple, je te promets qu'il vaut mieux être pauvre en France que la bas. Nous préservons un système de protection sociale qui est atteint de sclérose dans plusieurs domaines ; mais qui manifeste une réelle, une tangible solidarité !

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Ce blog traite de la création d'entreprise. Il s'adresse non pas aux créateurs, mais aux professionnels qui les accueillent, les accompagnent, les financent et les suivent. Il est créé à l'initiative de Benoît Granger (voir bio) avec des contributions de quelques amis. Il se développera si vous manifestez votre intérêt !

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